21.11.12


 Ma boîte à rêve s'était ouverte cette nuit : ça faisait tout drôle. Ça faisait des années, je crois, même. Il y avait des tas de petits trucs à l'intérieur. Un joli ruban de soie et d'argent, une photo avec plein de sourires dessus, il y avait aussi le petit prince, des bouts de plastiques dont j'avais oublié la signification, un poème très rigolo, des promesses d'adolescentes qui n'auront jamais été tenues, et une médaille en plastique que Lou m'avait trouvé à Paris. En réalité, ça me semblait vraiment loin tout ça. Ducoup j'avais sorti de vieilles créations et puis aussi quelques photos. Le cœur en point d'interrogation, j'avais regardé tout droit dans mes yeux d'avant. 
 J'avais tellement changé. Je me suis demandé comment j'avais fait pour ne pas réaliser à quel point je sonnais faux, à l'époque.
 Alors que je posais un regard tendre sur celle que j'étais, je m'étais sentie libérée d'un poids immense, heureuse que les évidences et l'inspiration ponctuent à présent mon quotidien, et aussi infiniment fière d'aimer enfin pour de vrai. Si on m'avait parlé de ce que je devrais traverser en quelques années, je me serais vue morte à la fin. J'aurais dit que je n'étais pas une guerrière, que je m'inclinerai devant la douleur, que je ne savais pas me battre.
Je sais maintenant esquiver les coups, et aussi les donner. Je sais comme chaque chose devait exister et façonner ce que j'étais devenue. Je sais peindre le monde et le faire mien. Je sais aussi, je sais surtout, que je peux passer quelques heures à me faire dévorer de l'intérieur, pour toujours finir entre les bras les plus rassurants qui soient. Chaque soir me blottir contre son corps et puis rêver encore.

Oui, c'est sur, je me serais vue morte à la fin, pourtant j'étais là, j'étais plus vivante que jamais. Et je n'avais plus peur du tout...