(le premier épisode est ici si tu chopes l'histoire en cours!)
Il semblait qu’Astro Nascha avait été malade depuis des siècles à cause de l’affreux poisson. Le pauvre Loup se lamentait « mais quand reviendra-donc ma dulcinée de plumes et de caprices ? »
Un jour où il fallut pêcher puisque les galettes bretonnes manquaient, il eut l’idée soudaine et lumineuse de réserver au poisson maléfique le même hameçon qu’à ceux qui grillaient sur le barbecue : il compta sur la bêtise de ce monstre pour qu’il y morde.
Il prit donc une grosse luciole dans le bocal, l’accrocha au bout du fil et tandis que Nascha était à moitié consciente, lui ouvrit le bec. Il lui faufila doucement son remède dans la gorge…
La pêche fut bonne : il extirpa bientôt le parasite grincheux et le jeta par-dessus bord. Ce dernier hurla « vous êtes des gros nullos » Puis on n’entendit plus parler de ce locataire agaçant.
Pourtant, tandis que Nascha se remettait tout doucement de cette mésaventure il lui arrivait parfois de devenir un peu irritable : son estomac avait pris la forme de l’intrus et étaient restées collés des écailles avariées. Il y avait aussi qu’elle ne pouvait plus manger de poisson car son estomac se refusait à toute sorte de cannibalisme. Mais le reste du temps ça allait, elle faisait des blagues, des chatouilles et elle dormait à poings fermés.
Alpha Sjoari lui aussi décollait de bonheur : il avait neigé tout à l’heure, de la neige chaude, et ces susceptibles d’étoiles ressemblaient à des bonhommes de neige grossiers avec un brushing tout mouillé.
Mais la neige fut assez vite un problème car la vie devenait tellement blanche qu’on ne pouvait plus pêcher, et encore moins repérer la planète tant rêvée. Et puis une odeur dégoutante se répandait progressivement dans les airs.
- J’en ai assez de tout ça ! s’exclama Nascha après s’être brulé les doigts dans une bataille de boules de neige
- Tu dis ça parce que tu as perdu ! se moqua alpha.
- Mais non ! ça sent le bouc, pire que tes pieds, et puis cette neige est lassante, de plus en plus brulante !
- Une chèvre !
- Pardon ?
- Là, derrière toi, une chèvre !
Le hibou fit volte-face. Devant eux se tenait une créature assise sur un rocher, gigantesque d’une couleur terreuse. Des cornes menaçantes et tarabiscotées étaient plantées de chaque côté de sa tête humaine de la taille d’un bébé éléphant. Malgré la neige, on discernait un visage barbu et cinq yeux sournois placés au hasard autour du nez comme si un enfant lui les avait collés en les prenant pour des gommettes. Il avait le sourire du diable, et le bassin d’une chèvre, et ses pattes poilues étaient comme enracinées à la surface d’une petite planète presque entièrement vide, mis à part un petit objet sombre d’où s’élevait un bruit tout juste perceptible.
« Dans mes rêves mon mec me parle tout bas
Quand il m'écrit des lettres il a la plume de Booba »
Tandis que le navire se rapprochait, le son devenait de plus en plus net
«Mon mec c'est un peu de mon ex mélangé à mon père »
C’était un faune, et pas n’importe lequel. Celui-ci semblait génétiquement modifié, et si on se fiait à la mélodie qui empestait presque autant l’air que l’odeur répugnante, amateur de rap français des années 2000.
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